Partir pour Compostelle

La première fois que m'est venue l’idée de faire le pèlerinage de Compostelle, j’avais 25 ans. Je venais de lire le roman de Paulo Coelho, le pèlerin de Compostelle.

compostelle
À 38 ans, treize ans plus tard, je rêve encore de vivre cette expérience. Une "grande" marche de plus de 800 kilomètres où je pourrais méditer sur ma vie, une occasion de rencontrer des gens de divers nationalités. Je réfléchis sur cette pensée de Confusius:" L'être humain perd sa santé à gagner de l'argent et par la suite, il perd son argent à se refaire une santé. Il pense au futur, au point d'oublier le présent, de sorte qu'il ne vit ni dans le présent, ni dans le futur. Finalement, il vit comme s'il n'allait jamais mourir et il meurt comme s'il n"avait jamais vécu "

j'ai le goût de partir, mais j'hésite encore, j’ai des préoccupations réelles : je devrai laisser ma blonde s’occuper toute seule de nos deux jeunes enfants pendant 40 jours, je n'aurai pas de revenu pendant cette période, je vais probablement devoir refuser des contrats, ma carrière pourrait en être affectée. Il y a aussi le jugement des autres. Cela va surprendre beaucoup de monde : je n’ai pas le portrait type d’une personne qu'on pourrait appeler un pèlerin, je travaille dans le cinéma comme assistant à la caméra et je ne vais pas à la messe. Il va falloir le justifier auprès de la famille, des amis, des collègues de travail et répondre à cette question : " mais pourquoi un pèlerinage ? "

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Je suis plutôt discret sur ma personne lorsqu’on aborde le thème de la spiritualité. Je n’aime pas en parler à moins que quelqu’un m’aborde sur le sujet. Je pense que c’est un sujet personnel où chacun développe sa façon de concevoir la vie. Si je raconte mon pèlerinage ce n’est pas pour convaincre qui que ce soit de quoi ce soit. C’est tout simplement pour partager avec les gens que ça intéresse, l’expérience d’un homme ordinaire qui a fait une démarche spirituelle.

Après avoir raisonné toutes mes peurs, je décide de prendre un temps d'arrêt pour me permettre de faire le pèlerinage de Compostelle en mars 2004.

Pour débuter, je vais à un séminaire à Sherbrooke ou des anciens pèlerins nous donnent toute l’information sur l’équipement, le transport et l’entraînement. Tout ce qu’il faut savoir pour ne pas avoir de problème.

Je commence mon entraînement, je marche 6 km par jour, puis j’augmente graduellement la distance à 9 km. Avec mon sac à dos chargé d’une vingtaine de livres, je marche pratiquement tous les jours du mois de novembre au mois de mars.

J’achète graduellement mon équipement ; des souliers de marche, un sac à dos, du linge en polyester, des bas anti-ampoules et un billet d’avion.

Je lis la biographie de Gandhi, Martin Luther King et celle de Nelson Mandela. Je découvre des liens entre ces hommes, soit l'essentiel du message du Nouveau Testament.

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